Pour ou contre l'apprentissage à quatorze ans ?
Je trouve invraisemblable cette façon de proposer pour les enfants des autres ce dont on ne voudrait pas pour ses propres enfants ! Ces ministres si pressés d'exfiltrer des adolescents de l'école nous ramènent au temps où l'on mettait précocement au travail les enfants des milieux populaires. Quelle régression ! Et quel mauvais coup porté à l'apprentissage que d'en faire une filière pour élèves en situation d'échec scolaire ou jugés trop remuants ! Les formations professionnelles ne sont pas moins nobles que les autres, on doit les choisir parce qu'on a le goût d'un métier et non y être orienté par défaut. Je suis personnellement convaincue de l'intérêt des formations en alternance – un temps à l'école et un temps en entreprise –, qui se développent d'ailleurs dans l'enseignement supérieur. Certains enfants peuvent s'y épanouir davantage que dans un cursus dont le seul horizon est la classe. Mais jusqu'à seize ans, terme de la scolarité obligatoire en France comme dans la plupart des pays européens, la République doit garantir à tous un bagage commun d'enseignement général, dans les filières professionnelles comme dans les autres. Donc, oui aux stages en entreprise et à l'apprentissage sur le terrain à partir de quatorze ans, mais sous le contrôle de l'Éducation nationale, garante d'un véritable projet éducatif.